assumons voulez vous.

assumons voulez vous.
On me connaissait sous le nom de Narcisse, cachée derrière ce personnage de mythologie pour masquer mon manque de confiance en moi. Tout est plus simple lorsque l'on s'aime, c'est tellement plus facile.

Mais voilà, aujourd'hui, je n'arrive plus à me reconnaître dans les mots de Narcisse&co. Je crois que je n'ai plus besoin de barrières pour pouvoir m'exprimer. Les protections, c'est fini. J'ose et j'affirme, je vous le dis à vous lecteur: Je me nomme

William Charles Paul Werewolf et je suis conteur de vie.

Qu'est ce qui va changer de la bas à ici? Je ne sais pas.

On verra.

# Posté le mardi 24 avril 2007 07:10

Moman, elle disait pas ça.

On raconte un peu partout que les contes c'est pour les gamins. Moman, elle disait pas ça.

Moman, c'était une artiste. Danseuse, chanteuse, écrivain, photographe, moman, elle savait tout faire. Elle avait une admiration sans faille pour William Shakespeare, Charles Baudelaire et Paul Eluard et elle s'était jurée que ses 3 fils s'appelleraient William, Charles et Paul, mais moman, elle avait eu qu'un fils, c'était moi. Alors voilà, elle m'a donné les trois prénoms, et elle me répétait sans jamais se lasser, que mes prénoms c'était les plus beaux du monde. J'voulais bien la croire moman, parce que moman, elle se trompait jamais.

Moman, elle faisait parti de ces gens que tout le monde admire, que tout le monde envi, et j'me souviens que moi, haut comme trois pommes je la regardais les yeux grands ouverts et j'me disais: plus tard je serais comme moman. Moi aussi plus tard, on m'applaudirait, moi aussi plus tard on m'aimerait, et moi, quand je serais grand, je serais comme moman.

Ca faisait bien rire les gens parce que moi, même en grandissant j'ai jamais su rien faire. Ha ça, j'ai jamais été très doué, trop maladroit, trop tarte, trop truffe. "Willy" qu'ils disaient les gens "Willy l'est pas comme sa maman". Mais moman, elle s'en moquait, elle savait que même si je savais pas chanter, même si j'étais pas foutu de tenir un instrument correctement, moi aussi un jour on m'applaudirait, et ça parce que je le savais, moi je le savais que les contes, c'était pas pour les enfants. Moi j'savais que les contes c'était pour tout le monde au coin du feu, au coin de ma tête. Et quand j'l'ouvre moi, pour raconter mes histoires, on se tait, on se tait comme quand moman elle faisait son numéro, comme quand moman elle peignait. On se tait pour m'écouter.

On raconte un peu partout que les contes c'est pour les gamins. Moman, elle disait pas ça. Alors moi, Willy le raconteur de vie, j'ai envi de vous le montrer… C'est pas de la musique, c'est pas du cirque, c'est pas grandiose, c'est des mots

c'est des histoires que j'm'en va vous conter.

# Posté le mardi 24 avril 2007 12:28

Modifié le mercredi 25 avril 2007 08:46

Jacques et moi

Jacques et moi
Faut dire aussi, j'aurais jamais du faire ça.
Commençons par le commencement: Jacques

Jacques, il a une toute petite histoire, pas bien compliquée. Lui, ce qu'il aimé c'était regarder les choses. Il se plantait , en face de n'importe quoi et ne lâchait pas l'affaire des yeux avant d'avoir gravé la chose dans sa tête. Jacques, il avait un rêve, c'était de tout avoir en mémoire, alors quand il c'est planté devant un arbre et qu'une petite fée au cheveux longs et bouclés l'a vu, , ne lâchant pas la scène des yeux, elle c'est dit: "Jacques, il y arrivera jamais".
Bah oui, Jacques c'est qu'un homme, un homme c'est rien! Alors pouf, juste pour l'aider, elle l'a transformé en appareil photo, sans lui demander son avis. La, Jacques, les images, il les sauvegarderait pour l'éternité.

Et moi durant un de mes voyages j'suis tombé sur Jacques et on se quitte plus! Moi je lui fais voir les belles choses et j'appuis sur le bouton, lui il me fait de la compagnie. Jacques et moi, on se complète.

Jacques il m'écoute raconter mes histoires, il les connaît toutes par cœur mais il ne s'en ai jamais lassé et Jacques il les a vécu mes histoires pendu à côté de moi.
Mais quand j'y pense j'aurais jamais du faire ça, le ramasser le Jacques, parce que maintenant qu'il est à mes côtés, j'suis obligé d'avancer, toujours plus loin et j'peux plus me poser, il veut voir toujours plus! Jacques il a son caractère, moi j'peux trop rien dire. Alors j'avance en lui racontant mes histoires pendant que lui dans sa petite mémoire d'appareil photo, il grave des images. Moi j'suis le son, lui c'est le film.

Mais quand même parfois j'aimerai rester plus longtemps là où Jacques et moi on c'est installé. C'est pas faute d'essayer de négocier, mais quand monsieur il a tout pris en mémoire, faut qu'on reparte.

Je crois que je n'aurais le droit de m'arrêter que quand Jacques il aura tout vu. Mais j'peux trop rien dire parce que sur la route,

C'est toujours mieux, quand on est deux.

# Posté le mercredi 25 avril 2007 14:59

Ca c'était le début

Revenons à moman.

Quand moman m'a vu grandir, elle disait à tout le monde "Mon fils, l'a tout les talents des prénoms qu'il porte". Ha ça, moman, elle était fière de son fils. Ce fut la première à écouter mes histoires, à me voir les construire, les plus belles comme les moins biens. Certes, elle était un peu déçue que son fils ne sache que parler, n'ai que des mots, que des pensées. Ha ça, moman elle aurait aimé me voir manier mille choses comme elle savait si bien le faire. Mais, même avec tout les efforts du monde, moi j'en étais incapable.

Alors, je me suis dis que peut être, par delà le monde et par delà les chemins se trouvaient des gens qui pourraient m'aider, des gens qui rendraient moman fière de moi, plus fière qu'elle ne l'ai déjà. Des gens hors du commun, des gens comme moman, qui avaient besoin de mon aide, de mes mots, pour raconter leurs histoires parce que, eux, ils savaient rien faire avec les mots. Mais ils savaient tout faire de leurs corps et de leurs mains. En échange, en échange de mes mots, peut être qu'ils me donneraient un peu de leur talent.

C'était beau de rêver.

Mais je me suis dis que mon rêve, j'pouvais en faire une réalité et il n'y avait qu'en partant sur les routes, il n'y avait qu'en quittant moman que je pourrais devenir plus qu'un conteur de vie. Rien n'est plus important que le sourire de moman.

Et un matin je suis partie en lui disant au revoir et merci, lui promettant de revenir lui montrer, lui montrer que moi aussi je sais en faire des choses, comme elle et bien plus qu'avec mes histoires. Et j'ai commencé à marcher à la recherche de vie à raconter et d'un peu plus de qualités.

Sans vraiment savoir dans quoi je m'embarquais.

# Posté le jeudi 26 avril 2007 05:42

Il était là l'vieux...

Il était là l'vieux...
Ma premiere rencontre ne fut pas la plus joyeuse.

Ha ça, non. C'était même dure comme entré en matière. Ca faisait plusieurs jours que je marchais, parce que, dans les champs, bah, y'a que ça a faire marcher. Vous m'direz j'aurais très bien pu regarder le paysage, mais quand t'as vu un champs, tu les as tous vu. Et Jacques, j'l'avais pas encore trouvé, alors bon, le silence c'est bien, ça permet de réfléchir, mais c'est lourd au bout d'un moment! Heureusement pour moi, ou malheureusement, bientôt mon silence, il était plus , j'étais dans une grande ville, et dans les grandes villes, y'a du bordel.

Et encore c'est peu de le dire, voitures, klaxonnes, gamins du bruit, y'en a partout! Y'avait tellement de bruit et tout le monde se regardait tellement le nombril qu'ils passaient tous, là, juste devant le petit vieux assit sur son carton.

Moi, je suis pas de la ville, et un vieux, comme ça, assit sur un carton, j'trouve pas ça normal! Si peu normal que j'me suis assis à côté de lui et j'l'ai regardé l'vieux. Tellement regardait qu'à un moment, y'avait plus que lui, et moi, dans c'te foutue grande ville, en face l'un de l'autre, sur un vieux carton.

"Tu te crois où?" Qu'il m'a demandé.
"Bah dans la rue."
"J'te préviens, ce soir, mon carton, je le reprends. Je veux bien partager la journée, mais la nuit, c'est chacun pour sa pomme."
"Y'a quoi la nuit?"
"Y'a le froid."
"Si y fait froid, pourquoi tu rentres pas chez toi?"
"Mais t'es bête gamin?"

Ca par exemple! Même ici, les gens me croyaient bête. Je suis pas stupide moi, je suis naïf, dans mon petit village, avec moman, des gens sur des cartons, y'en avaient pas! Mais l'vieux, il a bien voulu m'expliquer. Et ce fut le premier à me raconter son histoire.
Voyez vous, l'vieux il s'appelait Augustin, d'ailleurs, ça a pas changé, il s'appelle toujours Augustin, et il était tailleur. Le meilleur de toute la ville! Quand quelqu'un voulait un costume, c'est Augustin qu'il allait voir, mais, c'était y'a bien longtemps. La ville, elle a grandis, et le commerce d'Augustin, il a pas suivit. C'est trop long du sur mesure, ça intéresse pas les gens, c'est beau, mais qu'est-ce que c'est que la beauté, à quoi ça sert? Alors, notre Augustin, il servait plus à rien, et sa boutique, elle a coulée.

Mais, moi, savoir coudre ça m'intéressait! Tailleur, tailleur c'est un métier, c'est un talent et moi, moi les talents, c'est ce que je cherchais. Alors, l'Augustin est moi on c'est mis d'accord. Son histoire, je la raconte, et moi, j'dis aux gens comment le petit vieux il 'est retrouvé sur son carton, pour que les gens ils comprennent et pour les gens, ils le voient, la par terre, seul au milieu de tous. Et en échange, Augustin, il m'apprenait à coudre. Pas des costumes, pas des trucs compliqués, mais qu'ils fassent que mes paluches là, elles sachent faire deux, trois trucs. Et en plus, le Augustin, il m'a filé un costume!

Et quand j'suis reparti l'Augustin, il était content. Toujours par terre,

Mais content.

# Posté le jeudi 26 avril 2007 12:19

Modifié le vendredi 27 avril 2007 05:16